DÉCLARATION DU MFM DU 15 SEPTEMBRE 2026

DÉCLARATION

En tant que Mouvement Féministe du Mali (MFM), nous tenons à clarifier publiquement notre position face aux récentes évolutions et débats sur le féminisme.

Tout d’abord, le Mouvement Féministe du Mali (MFM) est un regroupement, composé de femmes de divers horizons (jeunes femmes leaders, féministes, pro-féministes, activistes des droits des femmes et des filles, académiciennes, défenseurs-es des droits des femmes et des filles, actrices de la société civile…) et des organisations de défense des droits humains, d’ONG et Associations luttant contre les oppressions patriarcales dans toutes leurs manifestations. Notre point de convergence : L’amplification des voix pour la promotion et la protection des droits des femmes et la justice de genre au Mali

Nous voulons consolider la vision féministe inclusive des jeunes femmes et filles pour faire progresser les droits des femmes, en traçant une perspective commune d’actions, de lutte contre le patriarcat dans toutes ses formes et manifestations.

De ce fait, nous affirmons notre attachement profond à l’égalité des droits, au respect mutuel et à la lutte contre toutes les formes de violences et de discrimination. C’est précisément au nom de ces valeurs, que nous nous désolidarisons de certaines idées et méthodes actuelles, notamment :

  • Les discours prônant le remplacement d’un système d’oppression des femmes pour un système d’oppression des hommes, qui impacteront négativement (voire, mettre en péril ) les luttes pour une égalité des droits pour tous, l’équité des sexes et des genres et opposeront de manière systématique les hommes aux femmes, au lieu de chercher des solutions idoines aux problèmes de justice sociale et de rapports de genre.
  • Certaines dérives idéologiques, qui ne font pas la différence entre les types de féminismes, qui ne répondent pas aux valeurs du féminisme africain, dont nous nous réclamons et qui s’éloignent, selon nous, des combats essentiels contre certaines traditions, certaines cultures et interprétations religieuses qui prennent leurs sources dans le système patriarcal, notre champ réel d’action. Ce système patriarcal, devenu un outil de socialisation facilitant les injustices, les oppressions et les inégalités entre les sexes et les genres.

Nous croyons en un engagement constructif, inclusif et humaniste, en tant que féministes africaines. Nous refusons toutes démarches ou images  tendant  à impacter négativement les acquis des anciennes luttes.

La Coordinatrice du Mouvement féministe du Mali

Mme Diarra Djingarey I. Maïga

Bamako, le 15 septembre 2026

DECLARATION DU MOUVEMENT FÉMINISTE DU MALI SUR LES SANCTIONS DE LA CEDEAO

A l’issue du sommet extraordinaire tenu à Accra au Ghana, le dimanche 9 janvier 2022, les Chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pris des sanctions lourdes de conséquences contre un pays membre, le Mali. Dans la situation compliquée du Mali, les protagonistes nationaux et de la sous-région doivent s’abstenir de la mise en œuvre de toutes mesures visant à asphyxier une fois de plus des populations déjà éprouvées depuis 2012, par une situation sécuritaire traumatisante créée par le terrorisme récurrent et récemment par la pandémie de la COVID-19.

Ainsi, nous, Organisations et personnalités de la société civile Malienne et africaine, signataires de la présente, suivons avec beaucoup d’attention, l’évolution de la crise sociopolitique au Mali, en ce début d’année 2022.

En effet, ces sanctions sont intervenues suite aux contradictions entre le délai du 27 février 2022, fixé par la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour l’organisation d’élections présidentielles, censées ramener les civils au pouvoir et celui, retenu par les autorités de la transition malienne, allant de six (6) mois à cinq (05) années.

La CEDEAO a réagi en prenant des sanctions économiques et financières, impliquant la fermeture des frontières aériennes et terrestres avec les autres États membres.

Les signataires de la présente déclaration, sont préoccupées par les conséquences de ces sanctions qui ciblent directement le peuple malien notoirement connu pour être un peuple de commerçants, ainsi que les peuples Ouest africains et expressément les femmes et les filles qui occupent le plus grand pourcentage de ces commerçants exerçant dans l’informel et dans l’entreprenariat.

Ces sanctions sortent carrément du cadre prévu par le Protocole additionnel de la CEDEAO qui a été adopté en décembre 2001, à Dakar (Sénégal). De surcroit, aucun autre traité de la CEDEAO ne prévoit la fermeture des frontières entre ses membres.

Considérant :

  • Notre appartenance à l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA),
  • La continentalité du pays, lui imposant l’utilisation des ports maritimes des pays voisins, membres de la communauté, pour ses importations et exportations,
  • La place qu’occupe le pays dans l’indice de développement humain durable,
  • Les manquements et les violations des droits qui peuvent découler de cette situation

Inquiètes des conséquences :

  • Catastrophiques et financièrement asphyxiantes, auxquelles les sanctions ainsi édictées exposent les populations en cause, comme (le panier de la ménagère, l’accès aux produits de premières nécessités, le ravitaillement de la sous-région et les échanges commerciaux (importation et exportation),
  • Sécuritaires (la complication de la situation des droits de l’homme et des défenseurs des droits de l’homme sur le terrain),

Dénonçons ces dispositions en porte à faux avec la volonté d’une intégration pleine et entière des peuples, telle que portée par les pères fondateurs de l’institution sous régionale.

  1. Condamnons l’adoption contre le Mali de sanctions contraires au développement communautaire auquel se réfère le préambule du Traité révisé de la CEDEAO en date du 24 juillet 1993 et les Principes fondamentaux de l’organisation Ouest africaine.
  2. Demandons à la CEDEAO de lever les sanctions prises contre le Mali, le 09 janvier 2022, afin de faciliter le vivre ensemble des populations Ouest africaines et l’avenir de l’intégration des peuples africains.

Fait à Bamako, le 10 janvier 2022

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